La convergence des turluttes

C'est le mot d'ordre "convergence des luttes", mais les luttes ne convergent pas. Où plutôt si, celles des cheminots et des étudiants ne convergent pas trop mal. Mais c'est pas avec ça qu'on va faire la Révolution.

Pour faire la Révolution, ce n'est pas une convergence de luttes qu'il faut, c'est un déclencheur de la lutte massive, en lieu et place de l'apathie générale.

Il interviendra ce déclencheur, au moment où portera clairement dans l'agora le rejet des mécanismes économiques fondamentaux qui nous permettent d'acheter slips et smartphones fabriqués par des esclaves lointins, et nous empêchent de bénéficier d'un service public digne de ce nom ici.

La lutte convergente, elle doit se diriger vers la dénonciation de la frénésie fanatique du Capital, détruisant le travail de ceux qui en ont, et de ceux qui en voudraient.
La dénonciation d'un système social qui procède non par intégration mais par ghettoisation, et qui s'étonne d'obtenir des marginaux, dont certains agressifs.
Un système qui produit prisonniers et autres assistés à tour de bras, et vante la vente de coca cola au cerveau disponible comme une vertu suprême.

Les gens se révolteront quand ils comprendront que leurs souffrances sociales sont le fruit d'une arnaque financière et économique. Ils se révolteront quand ils auront complètement intégré les ravages de la grande consommation sur eux-même, et le monde entier.

Il y a ceux, nombreux, qui, vissés sur leur canapé, devant leurs écrans, ne demandent rien. Seront-ils les perdants de la Révolution au même titre que leurs élites? Peut-être, sans doute.

Car si la Révolution va jusqu'au bout, nous nous appauvrirons, nous ne pourrons plus acheter les produits technologiques fabriqués en Chine. Mais rien ne sera perdu, nous pourrons toujours acheter des slips bangladais.
Surtout, tout sera fabriqué en France dont nous avons besoin. En circuit fermé on se débrouille aussi bien qu'en circuit ouvert. C'est juste qu'il faut se passer de certaines choses au demeurant inutiles, telles des tablettes et des écrans diffusant de la publicité 24h sur 24 au prétexte d'une tout à fait fausse gratuité.

Sans compter le fait qu'une fois la France sortie de l'euro, il n'en restera plus rien.

La Révolution en France, c'est une Révolution en Europe, c'est une Révolution dans le monde.

Révolution!  


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