Gaza

C'est le dernier petit caprice en date de Tsahal, qui fait 60 morts palestiniens, des manifestants non armés.

Que dire au sujet du conflit israélo-palestinien qui n'ait déjà été dit mille fois?
Je retiens la déclaration d'un certain Gilad Erdan, ministre de la sécurité publique du gouvernement israélien, qui compare les morts palestiniens aux morts nazis pendant la seconde guerre. On est en plein Godwin. Cela donne tellement raison aux dieudonno-soraliens, comment mieux leur servir la soupe? C'est donc qu'Hitler est un épouvantail derrière lequel dissimuler son propre crime.

En France, de grands esprits tels celui d'Arno Klarsfeld, plein d'humanité, regrettent les victimes, mais elles avaient été prévenues.

Telle est l'histoire d'Israel, ils ont été prévenus. Ils ont été prévenus à chaque étape qu'ils allaient être volés et parqués et traqués en cas de résistance. Ils en ont été prévenus dès la création d'Israel. Ces quelques indigènes avec leurs chèvres et leurs moutons, c'est là que nous bâtirons l'Etat juif, au nom de la souffrance juive dont le monde occidental souhaite se racheter. Alors faites place!
Et depuis, Israel se déploie tranquillement, inexorablement.
Ce n'est plus une dette de la civilisation occidentale envers les juifs, c'est un point stratégique pour les USA d'abord, mais pas seulement. Le prétexte du martyr juif est constamment invoqué pour justifier le colonialisme violent d'Israel, et globalement, à part quelques remontrances, ça passe auprès de la communauté internationale, qui n'a jamais fait grand cas de quelques victimes, fussent-elles des milliers.

Le conflit israelo-palestinien est un abîme, et il emporte avec lui le monde entier, qui s'effondre sur lui-même dans ses fondements millénaires, où logent les mythes dont la civilisation occidentale est issue.

le Prix Charlemagne

Macron est récompensé pour son engagement en faveur de l'Europe, ou quelque chose comme ça. On ne sait pas très bien ce pour quoi il est récompensé, tout ce que l'on sait, c'est qu'il ne mérite pas la moindre récompense.

Il y a tout de même deux trois bricoles à mentionner. Dans son discours, lors de sa remise de prix, le président de la France en marche a plaidé pour une Europe forte et unie, indépendante du pouvoir des Etats-Unis. Personnellement je le crois sincère à cet égard. L'Europe est profondément enracinée dans l'Atlantisme, mais Macron rêve d'être un très grand. Un très grand détient le pouvoir. Et je ne serais pas surpris de le voir en effet constamment plaider pour le renforcement de l'Europe au long de son mandat.

Mais il a dit autre chose qui m'a marqué. Il a dénoncé l'obsession de l'Allemagne pour les excédents commerciaux. Et ça, c'est extraordinaire. Hollande jamais ne se serait permis une chose pareille. Il est vrai que le FMI lui-même a déjà émis une telle mise en garde. Cela montre à quel point Merkel et les siens sont fanatiques, et perçus comme tels même au sein de l'oligarchie européenne.

Mais c'est surtout l'histoire d'un boiteux qui dénonce une jambe de bois. Car Macron est un virtuose du marché, un prophète du néolibéralisme, un champion de la finance, et en rien il ne souhaite affranchir l'Etat de sa dette envers les marchés, celle qui nous étrangle.

Et puis ça zappe sur le sujet suivant au journal télé, ça parle des migrants qui s'installent sur les bords du canal Saint Martin à Paris. Un représentant d'une association leur venant en aide explique que certains d'entre eux sombraient dans le crack ou l'alcool par abandon de la vie. Avoir fait tout ce chemin, avoir nécessairement espéré, et crever comme un rat à la fin.

Voila la France, l'Europe et le monde de Macron Charlemagne, un monde ou les marchés gouvernent et créent de la misère. Ces migrants n'existeraient pas si les échanges internationaux reposaient sur des principes économiques équitables, éthiques. Ils sont dictés par la violence du fort sur le faible, c'est à dire la loi du marché.

Et le faible, en bout de chaine sociale à échelle mondiale, migre pour échapper à la misère, se fait traquer comme un chien une fois parvenu au péril de sa vie chez les riches et finit par crever comme un rat à Paris. 

l'affaire Naomi

Je vais me livrer ici à une exercice que je n'aime pourtant pas beaucoup, celui de la spéculation.

Naomi, vous avez sans doute entendu parler d'elle, car son cas fait grand bruit en ce moment. C'est une jeune femme de 22 ans qui est morte d'un infarctus après avoir appelé le SAMU. On a pu entendre la teneur de sa conversation avec l'opératrice, qui se moque littéralement d'elle, et refuse de lui porter assistance. Un médecin venu sur place par la suite, constatera l'urgence, mais trop tard, elle est morte.

Portée à la connaissance du public 4 mois après les faits, cette affaire soulève une vague d'indignation assez compréhensive, mais une thèse n'a pas encore été mentionnée publiquement, à laquelle je crois, personnellement. Et sans attendre les avancées de l'enquête balbutiante, je me livre à l'hypothèse du racisme.

Comment peut-on être raciste par téléphone? Parce que l'africanité de Naomi est perceptible dans sa voix, sa diction. La première interlocutrice, celle des pompiers, qui passe l'appel à sa collègue du SAMU, la met en garde : c'est une emmerdeuse. Elle a "compris" la situation, encore une africaine qui geint et qui se plaint pour rien, ils surchargent les urgences où ils se rendent au lieu d'aller voir un médecin. Celle-là, elle nous la fera pas.

Pas de bol, celle-là, elle était en train de crever, et maintenant vous allez devoir rendre des comptes, vous deux qui avez eu cette femme au téléphone, et avez méprisé sa détresse au mépris de votre propre mission. La torture que vous endurez, de regret, de peur du châtiment, se prolongera peut-être par une peine de prison. Elle ne serait pas volée.

Cette affaire ne semble pas liée au sous-effectif et à la pression subie sous les impératifs d'austérité, mais elle l'est peut-être. Ces interlocuteurs son-ils formés correctement? Travaillent-ils sans pression? Je pense à des sanctions que l'on pourrait recevoir en cas de prise en charge d'un patient qui ne le justifie pas. Cette affaire n'est peut-être pas liée à l'austérité, mais une chose est certaine, bien d'autres cas de genre sont à prévoir, en proportion avec la violence exercée sur les services.






Fête du travail

Aujourd'hui premier mai, c'est la fête du travail. Intéressant, voyons cela.

Qu'est-ce que le travail? C'est une grande valeur de la dignité humaine, mais pas tel qu'il est célébré ce jour.
Le travail digne de ce nom, c'est l'effort que l'on produit, la douleur à laquelle on consent pour repousser ses limites, pour lutter contre sa propre médiocrité en premier lieu, et celle d'autrui aussi.
Le travail, assidu, acharné, c'est le processus d'apprentissage qui mène aux sommets de la connaissance et de la compétence. C'est celui qui fait l'artiste, le chirurgien, le sportif, l'artisan de haut vol, c'est celui auquel on doit le génie de l'Homme.

Mais non. On fête le travail en entreprise, celui qui asservit, qui exploite, celui dont l'unique objet et d'abonder le capital qui le requiert.
Le travail débile, le travail vain, le travail qui casse les reins, qui tue la dignité, le travail que l'on doit à un patron qui le doit au sien pour faire des bénéfices qui ne bénéficient qu'à quelques uns, pas ceux qui le méritent.

Le travail ne vaut rien sur le marché, il vaut tout juste de quoi payer son loyer.
Ce qui rapporte, c'est le capital.
Vous avez un capital? Vous gagnerez plein d'argent.
Ce n'est pas la multiplication des pains, c'est la multiplication de l'argent, c'est le principe du capitalisme, dont les conceptions du travail sont fêtées le premier mai.
On fête l'ouvrier comme on fête sa mère, parce que les autres jours, on la méprise.

Il faut sans doute donner sa place au travail, que ceux qui fournissent à l'entreprise leurs bras, leur temps, leur énergie soient gagnants.
Il faut surtout donner le droit à l'être humain d'exister, qu'il travaille ou ne travaille pas, il a le droit de vivre, c'est à dire de s'abriter, de boire et manger à sa faim sans avoir à mendier.

Accessoirement il y a eu de la casse. Coup d'éclat du black bloc qui vole la vedette, sert la soupe aux médias, mais pas la Justice, pas davantage que BFMTV.
C'est une offensive idéologique dont nous avons besoin.

Révolution!