le Prix Charlemagne

Macron est récompensé pour son engagement en faveur de l'Europe, ou quelque chose comme ça. On ne sait pas très bien ce pour quoi il est récompensé, tout ce que l'on sait, c'est qu'il ne mérite pas la moindre récompense.

Il y a tout de même deux trois bricoles à mentionner. Dans son discours, lors de sa remise de prix, le président de la France en marche a plaidé pour une Europe forte et unie, indépendante du pouvoir des Etats-Unis. Personnellement je le crois sincère à cet égard. L'Europe est profondément enracinée dans l'Atlantisme, mais Macron rêve d'être un très grand. Un très grand détient le pouvoir. Et je ne serais pas surpris de le voir en effet constamment plaider pour le renforcement de l'Europe au long de son mandat.

Mais il a dit autre chose qui m'a marqué. Il a dénoncé l'obsession de l'Allemagne pour les excédents commerciaux. Et ça, c'est extraordinaire. Hollande jamais ne se serait permis une chose pareille. Il est vrai que le FMI lui-même a déjà émis une telle mise en garde. Cela montre à quel point Merkel et les siens sont fanatiques, et perçus comme tels même au sein de l'oligarchie européenne.

Mais c'est surtout l'histoire d'un boiteux qui dénonce une jambe de bois. Car Macron est un virtuose du marché, un prophète du néolibéralisme, un champion de la finance, et en rien il ne souhaite affranchir l'Etat de sa dette envers les marchés, celle qui nous étrangle.

Et puis ça zappe sur le sujet suivant au journal télé, ça parle des migrants qui s'installent sur les bords du canal Saint Martin à Paris. Un représentant d'une association leur venant en aide explique que certains d'entre eux sombraient dans le crack ou l'alcool par abandon de la vie. Avoir fait tout ce chemin, avoir nécessairement espéré, et crever comme un rat à la fin.

Voila la France, l'Europe et le monde de Macron Charlemagne, un monde ou les marchés gouvernent et créent de la misère. Ces migrants n'existeraient pas si les échanges internationaux reposaient sur des principes économiques équitables, éthiques. Ils sont dictés par la violence du fort sur le faible, c'est à dire la loi du marché.

Et le faible, en bout de chaine sociale à échelle mondiale, migre pour échapper à la misère, se fait traquer comme un chien une fois parvenu au péril de sa vie chez les riches et finit par crever comme un rat à Paris. 

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